Boîte à outils · 01 Outil de cadrage

Cadrer un recrutement en 9 questions.

Avant de lancer un recrutement, répondez à ces neuf questions. Si vous ne pouvez pas répondre à l'une d'entre elles, ne lancez pas le brief. C'est le filtre que nous faisons passer à 100% des dossiers qui arrivent chez nous, et sur lequel nous refusons un recrutement sur cinq.

Temps de remplissage
30 à 45 minutes
À faire
Seul puis avec le manager
Format
Web · Impression A4

Le principe

Un recrutement raté coûte entre 30 000 € et 100 000 € selon le profil. Un recrutement non-fait trop longtemps coûte autant, parfois plus. Mais un recrutement lancé à la va-vite, sans cadrage sérieux, concentre les deux risques : vous dépensez du temps et de l'argent pour finir par ne pas signer, ou pire, pour signer le mauvais profil.

Cet outil n'est pas un questionnaire à remplir vite fait. C'est une conversation structurée avec vous-même, puis avec votre équipe de direction, avant d'engager le moindre euro. Ne passez à la question suivante qu'une fois la précédente traitée.

À la fin, une grille de décision simple (feu vert, attendre, ou pas maintenant) avec le raisonnement derrière chaque verdict.

Un recrutement, ça commence par une bonne réponse à la question "faut-il vraiment recruter ?". Pas par un brief envoyé à trois cabinets.
01

La charge actuelle est-elle structurelle ou conjoncturelle ?

La pérennité du poste, avant tout le reste.

Ce qu'il faut regarder

Un pic d'activité lié à un gros chantier, à une saisonnalité ou à la perte ponctuelle d'un collaborateur ne justifie pas un CDI. Posez la question frontalement : si la charge retombait de 20% demain, le poste resterait-il nécessaire ?

  • Analysez les 24 derniers mois de charge, pas les 6 derniers
  • Distinguez carnet de commandes vs. ventes récurrentes
  • Regardez les départs prévisibles sur 18 mois

Votre réponse

Signal d'alarme. Si votre argument principal tient en "on est débordés en ce moment", c'est conjoncturel. Regardez d'abord du côté des renforts flexibles (intérim, CDD, prestataire) : un CDI mal calibré vous coûtera plus cher à débrancher qu'à ne pas avoir signé.
02

Le manque de bras cache-t-il un manque d'efficacité ?

Regarder les process avant de recruter.

Ce qu'il faut regarder

Dans la moitié des dossiers que nous recevons, un outil ou une réorganisation résoudrait le problème sans embauche. Automatiser les devis, repenser la planification atelier, externaliser la comptabilité… Ces leviers libèrent du temps sans charges supplémentaires.

  • Quels sont les 3 plus gros "voleurs de temps" actuels ?
  • Quelles tâches répétitives pourraient être automatisées ?
  • Quelles fonctions pourraient être externalisées ?

Votre réponse

Signal d'alarme. Si vous n'avez pas cartographié votre process sur le poste concerné dans les 12 derniers mois, recruter sans le faire revient à embaucher quelqu'un pour faire tourner une machine mal réglée.
03

Les compétences sont-elles peut-être déjà chez vous ?

La redistribution des missions.

Ce qu'il faut regarder

Un collaborateur a-t-il envie de monter en responsabilité ? Un poseur expérimenté peut devenir chef d'équipe. Un commercial peut absorber du métrage. La polyvalence interne est un moteur d'engagement, et coûte infiniment moins cher qu'un recrutement externe.

  • Qui dans l'équipe est au plafond de son poste actuel ?
  • Quels entretiens annuels ont révélé une envie de mobilité ?
  • Pouvez-vous former en 3 mois ce que vous cherchez dehors ?

Votre réponse

Signal d'alarme. Un recrutement externe sur un poste qu'un collaborateur motivé en interne aurait pu prendre est une double perte : vous coûtez cher en honoraires, et vous démotivez la personne qui espérait évoluer.
04

Quel est le ROI chiffré de ce recrutement ?

Deux chiffres à poser : coût du non-recrutement, valeur ajoutée par le poste.

Ce qu'il faut chiffrer

Deux questions à mettre sur un tableur avant de lancer le brief :

  • Quel est le coût du non-recrutement (contrats perdus, qualité qui baisse, équipe qui s'épuise) ?
  • Quel CA ou économie annuelle le nouveau collaborateur doit-il générer pour justifier son coût employeur ?

Si l'écart entre les deux ne se voit pas dans un tableur, le recrutement ne tiendra pas dans la durée, parce que vous serez incapable de piloter sa performance.

Votre réponse

Raccourci. Notre simulateur calcule le coût du non-recrutement et du recrutement raté pour les 6 profils types de la menuiserie. Ouvrir le simulateur.
05

Votre capacité financière absorbe-t-elle le coût employeur réel ?

Le salaire n'est qu'une partie du coût.

Ce qu'il faut regarder

Charges patronales (42-45%), équipement (véhicule, outillage, ordinateur), bureau ou place en showroom, formation initiale, prime annuelle, mutuelle, tickets resto… Comptez 1,6 à 1,8 fois le brut pour obtenir le coût employeur réel.

Projetez cette charge sur 24 mois, en scénario dégradé. Si votre trésorerie ne tient pas une baisse d'activité de 20%, le poste est prématuré.

Votre réponse

Signal d'alarme. Un recrutement validé "au budget" sans marge de sécurité se retourne contre vous au premier trimestre difficile : licenciement coûteux, équipe démoralisée, réputation employeur impactée.
06

L'équipe actuelle demande-t-elle ce renfort, ou le subit-elle ?

Ajouter une personne change une dynamique.

Ce qu'il faut regarder

Un recrutement décidé sans que l'équipe l'ait identifié comme nécessaire se paie à l'intégration : pas de parrain spontané, pas de transmission, entretien à J+90 qui dérape. Avez-vous, vraiment, le temps managérial disponible pour intégrer ?

  • Qui porte l'idée de ce recrutement : vous, le manager direct, l'équipe ?
  • Le manager a-t-il 3h/semaine pendant 3 mois pour accompagner ?
  • Un parrain / une marraine est-il déjà pressenti ?

Votre réponse

Signal d'alarme. Un recrutement où le manager est débordé à J+15 échoue à J+90 dans 7 cas sur 10. Le "temps managérial disponible" est un prérequis aussi important que le budget.
07

Ce poste sert-il votre vision à 3 ans ?

L'alignement stratégique.

Ce qu'il faut regarder

Si vous envisagez de pivoter, de céder une activité ou d'externaliser un pan de votre business, un CDI devient un frein à l'agilité. Les meilleurs recrutements sont ceux qui renforcent une direction stratégique claire. Les pires sont ceux qu'on fait "parce qu'on a besoin de quelqu'un" sans savoir sur quoi exactement.

  • Où voulez-vous être dans 3 ans ? Ce poste y contribue-t-il ?
  • Si vous deviez vendre ou céder demain, ce poste serait-il une charge ou une valeur ?

Votre réponse

Signal d'alarme. Un recrutement sans vision à 3 ans produit mécaniquement un collaborateur qui s'ennuie à 18 mois et qui démissionne à 24 mois. Vous payez une ressource pour qu'elle forme son successeur.
08

Avez-vous regardé les alternatives au CDI ?

Le CDI n'est pas la réponse par défaut.

Ce qu'il faut regarder

Temps partiel, groupement d'employeurs, alternance, CDD longs, portage salarial, prestataires… Chacun correspond à un contexte spécifique.

  • Alternance : pertinente sur les métiers de pose. Vous formez aux exigences de l'atelier, à coût maîtrisé.
  • Groupement d'employeurs : utile si le poste est à 60-80% d'ETP.
  • Prestataire / portage : utile pour les compétences ponctuelles (BE, CAO, marketing).

Votre réponse

Signal d'alarme. Un CDI choisi "parce que c'est ce qu'on fait d'habitude" est un réflexe, pas une décision. Chaque contrat a un coût de sortie différent.
09

Qui accompagne le nouvel arrivant pendant 90 jours ?

Recruter sans pouvoir former est une erreur coûteuse.

Ce qu'il faut regarder

Qui accompagne la recrue durant sa période d'essai ? Qui transfère les savoirs métier, les usages maison, les codes de la relation client ? Si vous ne pouvez nommer une personne précise pour cette responsabilité, reportez le recrutement de 3 mois et préparez l'onboarding.

  • Nom du parrain / de la marraine ?
  • Rituel de point hebdo ou bi-hebdo ?
  • Checklist d'intégration sur 30 / 60 / 90 jours ?
  • Conversations de recadrage prévues en cas de dérive ?

Votre réponse

Signal d'alarme. Un CDI démarré dans le vide se termine par un départ à 4 mois, systématiquement. Aucun onboarding = aucune chance de garantir le recrutement. C'est la raison numéro un des ruptures sous 6 mois.

Votre verdict.

Cochez chaque question pour laquelle vous avez une réponse claire, chiffrée et tenable. Pas une intuition : une réponse.

01
Pérennité du poste tranchée (structurel / conjoncturel)
02
Process interne cartographié et optimisé
03
Alternatives internes (polyvalence) explorées
04
ROI chiffré sur tableur
05
Coût employeur complet assumé sur 24 mois en scénario dégradé
06
Temps managérial disponible (3h/sem × 3 mois) confirmé
07
Alignement avec la stratégie 3 ans formulé par écrit
08
Alternatives contractuelles examinées et écartées en connaissance de cause
09
Parrain nommé, checklist onboarding construite

Feu vert

8 ou 9 / 9

Le recrutement est cadré. Vous pouvez lancer le brief. Prévoyez 4 à 6 semaines jusqu'à la signature.

À compléter

5 à 7 / 9

Le recrutement est prématuré. Fermez les cases manquantes avant le brief : vous gagnerez du temps et de l'argent sur la suite.

Pas maintenant

0 à 4 / 9

Ne lancez pas ce recrutement. Soit le besoin n'est pas structurel, soit vous n'avez pas les moyens de le réussir aujourd'hui.

3W Recrutement · Boîte à outils, fiche 01 3W Recrutement

Vous avez des "non" dans votre grille. Parlons-en avant de relancer un cabinet.

Un coup de fil gratuit de 30 minutes avec Jimmy pour clarifier le brief, challenger les zones floues, et décider ensemble s'il faut lancer ou reporter. Sans engagement.

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